COP 22

du 7 au 18 novembre 2016

La Polynésie française, représentée par la Députée Maina SAGE et le délégué interministériel en charge du climat auprès du gouvernement de la Polynésie, Bran QUINQUIS, a pris part aux débats de la COP 22 qui s’est déroulée du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech au Maroc.

Cette COP, dite de l’action et des solutions, s’inscrit dans un contexte différent de la COP 21 puisqu’elle doit aboutir aujourd’hui à la mise en œuvre de décisions permettant l’application de l’Accord de Paris. La délégation polynésienne a ainsi tenu à assurer le suivi du travail mené en 2015 pour faire entendre la voix du Pacifique et des petites îles, notamment sur la question des océans.

L’océan, qui compose en effet 99 % du territoire polynésien, est au cœur des enjeux climatiques. Malheureusement, les solutions proposées comme celle des « opportunités de la migration » peuvent toutefois interpeller. La délégation polynésienne a donc veillé, notamment au cours des deux journées Océan les 11 et 12 novembre, à diffuser des messages considérant cette option, non pas comme une opportunité, mais comme un dernier recours. Elle s’est ainsi exprimée sur les contours d’un futur plus durable qui s’appuie autant sur l’innovation que sur les savoirs traditionnels. Les populations locales disposent en effet dans leurs cultures, de solutions pratiques et ancestrales qu’il faut soutenir. A ce titre, le Maroc s’est fortement engagé pour la sauvegarde des métiers de l’artisanat, garants du patrimoine culturel immatériel d’un territoire. Un mouvement mondial se met par ailleurs en place aujourd’hui pour sortir le plastique de l’océan ; 30 à 40 % des déchets que l’on y retrouve. Une action contre le changement climatique qui peut être engagée dès à présent pour produire des effets à court terme et garantir la bonne santé de nos ecosystèmes naturels pour faire face à la hausse des températures ou aux phénomènes d’acidification. La Polynésie a d’ailleurs saisi cette opportunité pour insister sur les impacts du plastique sur ses activités lagonaires. Les Femmes ont revendiqué quant à elles, leur capacité à être elles aussi porteuses de solutions. Les ONG réclament sur ce point, que leurs voix soient amplifiées dans les organes de décisions politiques, afin de renforcer non seulement l’impact sur le changement climatique mais aussi sur l’égalité des sexes.

La Polynésie a enfin pris la parole au cours de la journée consacrée à la justice climatique le 17 novembre, sur les questions de financements qui peinent à avancer dans cette COP des solutions.

Enfin, les représentants polynésiens ont fait plusieurs rencontres, notamment avec le Ministre marocain de l’Habitat, Nabil Benabdellah, la Ministre marocaine en charge de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatima MAROUAN, leurs collègues insulaires dont Anthony LECREN, Ministre en charge de l’environnement en Nouvelle-Calédonie, une délégation des Îles Canaries, Cook et Tonga, ainsi que de nombreuses ONG telles que Green Cross, Surfrider Foundation, Plateforme Océan et Climat, ONG Care, International National Trust Organization, etc.

L’objectif désormais, est de renforcer une plus grande coalition entre les îles de tous les océans. La présidence de la COP 23 devrait d’ailleurs être assurée par Fiji, qui a d’ores et déjà reçu le soutien du Pacifique ; dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande.