La Polynésie fière de son autonomie

Après une décennie d’autonomie de gestion, la Polynésie a gagné son premier véritable statut d’autonomie interne dans la République en 1984, lui octroyant une capacité de se gouverner et d’adapter sa législation au contexte polynésien. Depuis, plusieurs réformes sont venues renforcer ses champs de compétences aboutissant en 2004 à une évolution statutaire majeure qui lui a conféré une compétence générale de principe, à l’exception donc de celles expressément attribuées à l’État, dont les compétences dites régaliennes.

Le vrai challenge de notre collectivité a toujours été d’être à la hauteur de ces opportunités statutaires qui sont avant tout des nouvelles responsabilités à exercer dans un contexte naturel complexe

habitants

îles

km de l'hexagone

Elles sont en plein centre du Pacifique Sud, soit à la fois éloignées des zones continentales (8h d’avion minimum) et dispersées sur une surface maritime de 5 millions de km² équivalant celle de l’Europe !

Des atouts indéniables

Si l’isolement et l’immensité de son territoire peuvent aujourd’hui représenter des handicaps structurels forts, ils sont aussi des atouts indéniables, représentant entre autre 47% de la ZEE nationale et hissant la France au 2è rang mondial des puissances maritimes, derrière les Etats-Unis.

Dans le même sens, la richesse de sa biodiversité en fait une réserve environnementale exceptionnelle :

R

Taux d’endémisme d’environ 60%

 

R

Près de 20% des récifs coralliens de la planète

Des atouts environnementaux auxquels s’ajoute une position géostratégique singulière à la croisée des chemins entre l’Asie et l’Amérique du Sud.

C’est dans cet environnement à la fois vulnérable et plein d’avenir qu’une large majorité de polynésiens a choisi de tracer les voies d’une autonomie renforcée, qui symbolise à la fois son attachement indéfectible à l’ensemble français et sa volonté tout aussi profonde d’être reconnue dans cet ensemble, pour préserver ses spécificités. Si cela peut paraitre paradoxal pour certains, il ne s’agit, pour ma part, que de l’expression naturelle d’un territoire français ancré dans sa culture océanienne, qui prône l’unité dans sa diversité.

Devenue Collectivité d’Outre-Mer en 2004, la Polynésie s’est vue faire un pas de plus vers cette reconnaissance. Toutefois, les dix premières années d’application du statut de 2004 ont été difficilement exploitées au regard de l’instabilité.

En effet, treize gouvernements se sont succédés en dix ans, plongeant la Collectivité dans une crise économique, financière et sociale sans précédent et engendrant, en 10 ans, une perte de PIB de 10%, doublant le nombre de chômeurs et consécutivement celui des bénéficiaires du régime de solidarité.

Le retour en 2013 d’une équipe stable et expérimentée a permis d’assainir les comptes publics grâce notamment à une réforme fiscale courageuse et équitable imposant la contribution de tous. Cette réforme a servi à sauvegarder notre régime de solidarité, tout en finançant des mesures sociales d’urgence.

Par ailleurs, la Collectivité s’est fortement engagée dans la relance de l’activité économique avec des investissements publics massifs, notamment dans les domaines du tourisme et du logement social.

Tourisme

Première ressource propre du territoire, le tourisme fait en effet l’objet d’une attention particulière avec le lancement de projets d’envergure tels que le « Tahiti Mahana Beach » ; pour permettre d’accroître nos capacités d’accueil et d’élargir notre gamme de prestations, tout en valorisant notre patrimoine naturel et culturel.

Cette implication forte du gouvernement polynésien dans la relance économique participe chaque jour au retour de la confiance des ménages, des chefs d’entreprise, des bailleurs de fonds et des investisseurs.

Fort de ces premiers résultats, la Polynésie doit désormais consolider son autonomie économique tout en faisant face à des enjeux écologiques majeurs pour préserver un environnement de qualité à l’ensemble de ses habitants. Cela nécessite une attention particulière de l’Etat, partenaire incontournable de la Polynésie dans ses politiques économiques, environnementales mais également de solidarité envers les populations les plus éloignées et les plus démunies.

C’est dans ce contexte que nous avons manifesté le souhait d’un partenariat rénové et pérenne qui doit dépasser la question d’une simple rente nucléaire pour évoluer vers un engagement réciproque solide.  Il nécessitera toutefois de faire toute la lumière sur le passé pour permettre une « vraie » reconnaissance des conséquences sociales, sanitaires et environnementales des essais nucléaires.

Les 48 communes de Polynésie s’inscrivent également dans cette volonté de relance économique dans laquelle elles ont toute leur part à prendre, notamment par les grands chantiers de mise aux normes des réseaux d’eau potable, d’assainissement et de traitement des déchets. La réponse aux obligations du code général des collectivités territoriales nécessitera toutefois un véritable partenariat Etat-Collectivité-Communes.

La Polynésie française, fière de son autonomie, a choisi d’assumer son avenir au sein de la République.

Cet attachement toujours renouvelé à la France s’inscrit aujourd’hui dans un partenariat rénové, guidé par un respect mutuel, au service du développement et de l’avenir des Polynésiens dont la collectivité nationale pourra également être fière.

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